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Éveil & apprentissage

Le consentement expliqué à mon enfant

Qui ne dit mot consent ? Vraiment ? Le consentement est une notion dont nous entendons beaucoup parler aujourd’hui. Où commence le consentement ? Quand le consentement d’un enfant peut-il être réputé éclairé ?

Qu’est-ce que le consentement ?

Le consentement, c’est avant tout prendre conscience que chaque individu est maître de son propre corps et de son esprit. Bien que souvent lié aux questions de sexualité, nous faisons le choix de traiter la question du consentement sous son angle plus général, celui d’avoir le droit de disposer de soi. Il est essentiel de parler du consentement appliqué aux actions de la vie courante pour que vos petits angelots ne deviennent à terme ni victimes ni agresseurs.

La Convention internationale des droits de l’enfant stipule dans son article 12 que :

L’enfant a le droit, dans toute question ou procédure le concernant, d’exprimer librement son opinion et de voir cette opinion prise en considération.

Par conséquent, la parole de l’enfant est reconnue comme valide pour exprimer ses intérêts, même quand il soutient ne pas vouloir embrasser sa grand-tante (ou ne pas vouloir manger d’épinards).

Les contes de fées nous trompent ?

Les contes de notre enfance sont souvent d’excellents moyens d’aborder le sujet.

L’ogre, tout comme le grand méchant loup ont pour mission d’alerter les enfants et plus particulièrement les filles sur les dangers du monde et les risques encourus à poursuivre une recherche d’émancipation. Ils ont longtemps eu ce rôle initiatique pour l’enfant qui l’écoute et se projette.

Notre culture a en parallèle magnifié les personnages de princes charmants volant à la rescousse de jeunes filles splendides mais inconscientes ou à l’encéphalogramme aussi plat que la plaine de la Beauce. A l’opposé de ces exemples, Peau d’âne remonte le niveau en refusant d’épouser son papa malgré ses doutes et l’insistance du père.

Si l’éducation des filles permet de s’extirper doucement de ce schéma de pensée, les garçons restent souvent en rade, tiraillés entre des injonctions bien souvent contradictoires.

Sans réécrire les histoires, il est intéressant de prendre du recul et de resituer les histoires dans leurs contextes. S’interroger s’il est normal que le prince embrasse une jeune fille inconsciente, que des enfants se marient ou encore qu’il faille attendre l’arrivée d’une tierce personne pour être sauvée.s du danger sans prendre d’initiative sont d’excellents sujets pour initier la discussion.

Un changement de monde sur les écrans

La multiplication des écrans n’aide pas à contrôler les usages et les conséquences sur les cerveaux en formation des têtes blondes peuvent être particulièrement négatives. Avant 3 ans, il ne doit pas avoir accès aux écrans seul.

Parallèlement, ces dernières années ont vu émerger sur les réseaux sociaux comme sur la place publique, une libération de la parole autour des questions de consentement avec #MeToo ou encore #MeTooInceste. Bien que les filles soient bien plus largement exposées aux violences, il est important d’élever aussi bien les filles que les garçons dans une écoute des autres. L’empathie doit faire partie intégrante des valeurs inculquées aux enfants pour parvenir à la construction d’une société plus juste.

Comment aider son enfant à prendre tous ses droits sur son corps ?

Dès le plus jeune âge, parlez aux enfants du consentement en faisant des parallèles avec leur quotidien.

Ton corps n’appartient qu’à toi

Et personne n’a le droit de le toucher ou de le regarder d’une façon qui te déplait.

Si certains enfants aiment à déambuler nus dans la maison, d’autres ont besoin de plus d’intimité et sont mal à l’aise lorsqu’on les voit nu.e.s. Respectez ce besoin d’intimité sans en faire plus de cas si son comportement vous semble naturel. Cependant, s’il change subitement de comportement, interrogez-vous sur les raisons de ce changement.

Faire un bisou à Pépé n’est pas obligatoire

Sinon, tu peux aussi lui dire bonjour de loin.

Si les règles de politesse sont de mise pour des interactions sociales riches et épanouissantes, les contacts physiques qui y sont parfois associés ne sont pas obligatoires, loin de là. Ainsi, l’enfant peut ne pas vouloir embrasser la voisine, tenir la main du camarade de classe ou faire un câlin à maman (même si cela nous brise le cœur quand le refus survient).

Il est interdit d’interdire de dire

Le silence est un rouage majeur des agressions faites aux enfants. Entretenez un lien de confiance et de communication riche avec votre enfant pour limiter les risques. En faisant comprendre à votre enfant que vous accordez de l’importance à ce qu’il vit et ce qu’il pense vous créez un lien qui lui permettra plus facilement de parler.

Oser dire haut et fort

S’il est important de libérer la parole, il est aussi primordial d’encourager à le dire tout de suite sans honte, haut et fort, afin que la situation ne dégénère pas. L’enfant n’est jamais coupable.

Célestin, un passager bizarre, pour expliquer le consentement aux enfants

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Avoir le droit de ne pas savoir ou de changer d’avis

Si votre tout-petit a bien voulu câliner Mamie la semaine dernière, cela ne veut pas dire qu’il voudra la câliner toutes les semaines. Ce n’est pas parce que vous avez voulu goûter au kouglof ce matin que vous voudrez forcément en remanger ce midi. Quand bien même vous auriez dit oui mais que l’envie vous en serait passée pendant le repas, vous pouvez toujours changer d’avis. C’est pourquoi le consentement doit être renouvelé clairement à chaque fois.

Sur les écrans, prévenir plutôt que guérir

Rien ne remplace votre présence auprès de votre enfant. Lorsqu’il grandit et commence à manier les outils numériques avec un peu d’autonomie, vous pouvez mettre en place un système de contrôle et de bonnes pratiques afin de vous assurer qu’il ne soit pas exposé à des images inappropriées.

En bref

La question du consentement est particulièrement sensible. Il est nécessaire de trouver le bon équilibre entre politesse et affectuosité, libre arbitre et obéissance. 

La parole de votre tout-petit doit être respectée et si vous avez le moindre doute, n’hésitez pas à contacter Enfance en danger par téléphone au 119 ou à vous informer sur le site gouvernemental Allo119.

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