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Immersion en milieu sonore ou comment décrypter les pleurs de Bébé

Avouons-le d’emblée, un pleur de nourrisson peut être totalement déstabilisant, que dis-je, désarmant. Il agit sur notre petit cœur comme un gyrophare mais aussi sur nos nerfs comme une aiguille. Avant alarme et perte de patience, nous vous proposons de vous immerger dans cet univers sonore tout particulier.

Nous sommes allés à la rencontre de l’association Ensemble pour l’Education de la Petite Enfance pour faire le point sur ce sujet et vous proposer des réponses.

Vous allez découvrir que Bébé, avec ses mots, vous parle et vous donne des indications sur ses besoins et ce que vous pouvez faire pour l’accompagner. Adieu frustration !

Pourquoi pleures-tu Bébé ?

Les pleurs jouent un rôle essentiel pour la santé et le développement du nourrisson. Ils sont une réaction physiologique à ses besoins primaires.

À partir de cinq mois, les pleurs de Bébé se modulent et ce langage se diversifie pour communiquer des besoins plus précis encore.

Ces premiers pleurs sont en réalité des signaux que son corps émet. Sans réponse à ces signaux, les pleurs deviennent de véritables cris d’alarme et, d’un besoin inassouvi naît une frustration qui se mue en émotion.

Bébé vit ses émotions de manière très intense (dans le cerveau, les émotions siègent dans l’amygdale). Il ne sait pas encore comment réguler ces tempêtes émotionnelles qui le traversent (lisez nos articles sur les émotions). Les pleurs, parfois spectaculaires, sont l’expression de ces tempêtes. Afin de mieux appréhender vos propres émotions face à Bébé, vous pouvez vous imaginer comme la partie préfrontale de son cerveau, celle qui va venir dans les prochaines années réguler ses émotions. En étant à l’écoute de ces pleurs, vous participez à la création d’un lien de confiance.

Que veux-tu me dire Bébé ?

Ce qui est absolument incroyable, c’est que tous les bébés, sans distinction de langue maternelle, parlent le même langage à la naissance. Les sons qu’ils émettent sont un réflexe physiologique pour exprimer un besoin. Plus que des pleurs, ce sont des signaux exprimant des besoins. Ces premiers sons vous permettent de pouvoir répondre aux besoins de Bébé avant que son inconfort soit trop fort. La théorie scientifique de Priscilla Dunstan, validée via ses recherches internationales, nous permet ici de les classifier. Vous allez pouvoir reconnaître les pleurs de Bébé.

Reconnaître les pleurs de bébé : Nèh

Comme pour téter, la langue de Bébé vient se coller sur son palais et le son qui sort est “Néh”. Bébé a besoin de manger.

Reconnaître les pleurs de bébé : Éh

Le diaphragme s’abaisse, le larynx se referme et l’air cherche à sortir de façon assez brève et saccadée.Aidez Bébé à faire son rot et ne le nourrissez que s’il ne produit plus ce son.

Reconnaître les pleurs de bébé : Aoh

Avec le bâillement, la bouche s’ouvre grand, la langue s'aplatit vers le bas et se recule. C’est le signal pour aller dormir, vite !

Reconnaître les pleurs de bébé : Éérh

Le son est rauque, contracté, prolongé. Le ventre de Bébé est souvent tiraillé par des gaz douloureux et Bébé se tortille. Bébé a besoin de mouvement pour se soulager. Massez son bidon.

Reconnaître les pleurs de bébé : Hèh

Le H doux est particulièrement reconnaissable. Ici, la peau de Bébé est inconfortable. Il a besoin d’être changé, il a chaud, il a froid, sa position n’est pas confortable ou encore un érythème fessier est apparu. Une vérification s’impose.

Reconnaître les pleurs de bébé : Guèn

Ce son s’accompagne d’une salivation accrue et il semble frotter ses gencives l’une contre l’autre. Vous pouvez proposer à Bébé un anneau de dentition.

Reconnaître les pleurs de bébé : Lelaol

Le son est calme et triste. Avec ce petit miaulement, Bébé dit qu’il s’ennuie et qu’il a besoin de lien et de présence. Interagissez avec Bébé, il vous attend !

Reconnaître les pleurs de bébé : Nah

La langue se décolle du palais.Une petite boisson s’impose.

Reconnaître les pleurs de bébé : Ouin

Tout le corps de Bébé est tendu et plus rien ne va. Il ne vous reste plus qu’à câliner Bébé pour le calmer.

 

Bien que Bébé et vous ne parliez pas encore le même langage, il vous dit déjà ce qu’il ressent. En mettant vos propres mots sur les siens, en lui proposant les soins adaptés, vous lui montrez que vous avez compris son message et que vous êtes présent(e)(s) pour lui. Cela va lui permettre de retrouver un confort et de l’aider à se calmer.

Imaginez quel réconfort pour votre nouveau né de se savoir entendu et compris !

Faut-il laisser Bébé pleurer ?

Il n’y a pas de réponse unique. En fonction de son âge, de sa maturité et de son caractère, votre présence active sera requise ou non pour l’accompagner.

Dans ses premières semaines de vie, les sons exprimés sont là pour répondre à ses besoins. Il n’est pas question de parler d’un bébé capricieux. En répondant à ses besoins, vous lui permettez de mettre en place rapidement son alimentation, son sommeil, son attachement "sécure". Vous lui permettez aussi de gérer son stress et de se prémunir d’éventuels troubles comportementaux (nourrir en réponse à chaque pleur n’est pas une solution recommandée par exemple). C’est aussi un bénéfice pour l’adulte car s’il comprend plus vite les besoins du bébé, il peut créer un lien serein avec celui-ci. Les parents trouvent leur équilibre plus facilement et peuvent collaborer. Il peut aussi être intéressant de partager cet outil avec la fratrie. Les “grands” vont ainsi pouvoir créer une complicité inédite avec Bébé.

Quand Bébé grandit, un temps d’observation est souvent nécessaire pour comprendre de quoi il en retourne...

Lors d’une situation de pleurs intenses, il est important que l’adulte soit présent. Vous apprenez à Bébé à reconnaître l’émotion qui le traverse en la nommant. Votre reconnaissance, votre écoute, votre proximité physique, votre disponibilité et votre attitude l’apaise.

S’il n’est pas en situation de détresse, que ses besoins sont comblés et que vous avez déjà signifié votre présence à l’enfant, vous pouvez aussi aider l’enfant à apprendre l’auto-contrôle. En vous éloignant doucement, il va pouvoir apprendre seul à calmer ses émotions. Téter ses doigts, machouiller un doudou, chaque Bébé trouve son “truc” pour se rassurer.

Il est important de garder en tête que le pleur est normal et que la frustration du bébé est une situation inévitable. Vous ne pouvez anticiper tous ses besoins. Bien sûr, certains sons vous échapperont et vous ferez face à l’incompréhension. Soyez certain(e) que votre présence est déjà un grand soulagement pour Bébé. Soyez aussi à l’écoute de vos propres émotions. Lorsque vous perdez patience, parlez-en à vos proches : ce n’est pas une défaite car chaque parent passe par des phases d’épuisement, de doute et de frustration. Mettre en place des solutions pour les dépasser est la plus belle des victoires, et sera certainement votre plus grande fierté.
La réponse que vous apporterez à ce petit d’homme l’aidera à se construire grâce au lien de confiance que vous aurez créé avec lui.

 

> Téléchargez le pdf pour pouvoir décrypter les pleurs de Bébé où que vous soyez... Et collez-leur le frigo, dans sa chambre (joli en cadre), etc.

 

Nous souhaitons remercier particulièrement l'association Ensemble pour l'éducation qui a eu la gentillesse de nous partager ces informations.

Pour en savoir plus :

 

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Enfant 3-12 ans
La méthode Singapour pour comprendre et apprendre les mathématiques

Tous les 4 ans, l’étude comparative Timss mesure le niveaux des élèves de CM1 et de 4e de plus de 50 pays sur leurs capacités en Mathématiques et en Sciences.

A nouveau, l’édition Timss 2019 met en lumière les difficultés des petits français-ses, en bas de classement et sous la moyenne européenne.

Face à cette baisse continue du niveau des élèves français, le député et mathématicien Cédric Vilani, dans un rapport remis en février 2018, évoquait la nécessité de "réconciliation" avec les mathématiques et du plaisir d’apprendre. Ce rapport recommandait également à l’ensemble des partenaires pédagogiques de s’inspirer de la méthode Singapour.

Et si on vous en disait plus sur cette méthode progressive et ludique pour enseigner et faire aimer les maths aux enfants ? Ça vous tente ?

Qu’est-ce que la méthode Singapour ? 

Les élèves de Singapour sont aujourd’hui les meilleurs du monde en mathématiques alors qu’ils étaient en bas de classement il y a 40 ans.

C’est en 1965, lors de l’indépendance de Singapour, que l’Etat décide de prendre les choses en main. En 1980, des didacticiens réalisent une synthèse de ce qui fonctionne en didactique des mathématiques. La méthode Singapour est née !

Cette technique d’apprentissage progressive a pour objectif d’inciter les enfants à passer du concret à l'abstrait et du simple au complexe...

Étymologiquement, le mot “comprendre” en latin, il signifie “saisir avec”, “prendre”. On comprend mieux lorsqu’on fait par soi-même. L’enfant a besoin de se sentir investi dans ce qu’il fait pour comprendre pleinement son acte et trouver des solutions à son problème.

Du CP jusqu’à la 6ème 

Dès le CP, les notions et opérations simples sont étudiées par couple (addition et soustraction, multiplication et division…), de manière approfondie jusqu’à ce que les élèves en comprennent le sens et les maîtrisent parfaitement.

L’apprentissage progressif repose sur l’approche dite “concrète - imagée - abstraite” et par la mise en application d’une grande variété de problèmes. Très tôt, les élèves sont incités à user de plusieurs stratégies pour la résolution des problèmes.

La phase concrète (par l’objet)

Les élèves sont guidés dans leur compréhension du concept grâce à la mise en situation ou la manipulation d’objets concrets (manipulation de cubes, de jetons, parts de gâteaux…).

Nos outils de manipulation

La représentation imagée 

Les objets sont remplacés par des images : la modélisation. Par exemple, dans la résolution d’un problème, une pile de 5 cubes représente le chiffre 5, puis une pièce de 5 centimes…

La représentation abstraite (Chiffres et symboles) 

Le recours aux seuls symboles mathématiques constitue l’objectif de cette ultime étape.

Progressivement, les élèves apprennent à utiliser exclusivement les chiffres et les symboles.

La verbalisation 

La verbalisation permet d’approfondir la compréhension du problème. Elle permet à l’enfant de décrire et d’expliquer ce qui l’a aidé à aboutir à la résolution du problème.

Lorsqu’il verbalise sa pensée et son raisonnement, cela aide l’adulte à voir si la méthode est réellement acquise ou non par l’enfant. Verbaliser permet de mettre des mots sur le problème et favorise sa résolution.

Petite technique : une fois que l’enfant a résolu le problème, invitez-le à venir exposer devant la classe son raisonnement ainsi que la solution du problème. C’est l’aboutissement de la compréhension du problème pour l’enfant et l’enseignant.

Pourquoi utiliser la méthode Singapour ? 

  • acquisition de bases solides par l’apprentissage en profondeur ;
  • meilleure connexion entre les différentes notions mathématiques apprises ;
  • apprentissage ludique et attrayant, la manipulation d’objets est plus porteuse de sens pour l’enfant qui comprend mieux ce qu’il fait et l’intérêt des opérations mathématiques ;
  • amélioration de la confiance en soi par la progressivité de l’approche et les différentes stratégies qui peuvent être utilisées pour résoudre un problème..

Comment mettre en place la méthode Singapour ? 

Afin d’aborder cette méthode dans votre classe, ou avec votre enfant, nous vous conseillons de bien assimiler les concepts. Plusieurs ressources s’offrent à vous sur internet ou même dans différents manuels.

Vous pouvez vous aider du Guide pédagogique (CP-CE1) développé par Jean-Michel Jamet, professeur des écoles et de son site internet.

Vous retrouverez également comment aborder les 4 opérations dès le CP et les différents concepts clés sur le site de la librairie des écoles.

Pour vous équiper, nous vous avons sélectionné du matériel spécifique : cubes colorés, en bois, avec des fiches d’apprentissages.

Réglettes nombres 

Base 10 en bois 

Maxi lot cube base chiffre et ses apprenti’fiches

Aujourd’hui, la méthode Singapour n’a plus rien à prouver concernant son efficacité et tente de rentrer pleinement dans le système scolaire Français. Il ne vous reste plus qu’à vous laisser tenter, essayer, puis moduler votre méthode selon le besoin de chaque enfant…

À lire aussi sur notre blog 

Comment développer les compétences mathématiques dès le plus jeune âge ? 

Les 8 types d'intelligences multiples 

Pédagogie coopérative : comment encourager le tutorat entre les élèves ? 

Pour aller plus loin 

Guide pédagogique de la méthode Singapour 

La méthode de Singapour selon Jean-Michel Jamet 

Et si les Français devenaient aussi forts en maths que les Singapouriens ? 

Sources 

La librairie des écoles 

Vidéo : La méthode Singapour 

RTL : L’étude du niveau des petits Français en maths 

France info : le niveau des élèves français en maths et sciences

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