Malaxer de la pâte à modeler, faire de la peinture, dessiner… Autant d’activités créatives que les enfants adorent ! Bien au-delà de l’aspect créatif on observe un intérêt important et essentiel dans la progression de différentes compétences qui seront fondamentales par la suite pour l’apprentissage de l’écriture et du graphisme.
Des étapes essentielles au pré-graphisme
Dès la toute petite enfance, l’apprentissage de l’écriture se met en place progressivement. Avant d’apprendre à écrire ou même à dessiner, on parle de pré-graphie, ce qui consiste à muscler la main et les doigts du tout-petit, apprendre à se repérer dans l’espace d’une feuille, maîtriser sa force, savoir tenir un crayon… Varier les activités permettra d’apporter différents bienfaits pour préparer à l’écriture.
Etape 1 : la pâte à modeler : volume et puissance
Les enfants l’adorent ! Colorée et agréable, la pâte à modeler reste un incontournable des activités créatives dès la toute petite enfance.
Elle reste l’un des premier outil à utiliser pour :
- muscler la main ;
- tonifier les doigts ;
- appréhender la 3D ;
- voir l’évolution de la taille des objets en main (plus on rajoute de la pâte à modeler à un élément et plus celui-ci est gros),
- expérimenter le premier mélange des couleurs (certaines pâtes à modeler peuvent être mélangées pour obtenir une nouvelle couleur).
C’est une activité qui encourage l’approche kinesthésique et permet à l’enfant d’apprendre par lui-même. Ici, en touchant, essayant, construisant, malaxant.
Découvrez en vidéo comment travailler avec la pâte à modeler et délier les doigts :
Pour compléter cet apprentissage, n’hésitez pas à varier les activités créatives de motricité fine comme les activités de gommettes, ou même le trie à l’aide de pinces.
Etape 2 : la peinture : sensoriel et liberté d’expression
La peinture c’est une forme de libération pour le tout-petit. Le bras et le poignet travaillent, (ou même les doigts lorsque l’enfant peint avec les doigts), les couleurs se mélangent, les expérimentations se font. L’enfant se fatigue moins lorsqu’il utilise la peinture et le pinceau par rapport au crayon. Pas besoin d’appuyer, de suivre des lignes, ou même d’avoir un pinceau (les doigts suffisent pour travailler), place à la créativité, à la libération des émotions et au lâcher prise !
Elle participe également au développement cognitif dès tout petit :
- je mélange 2 couleurs et j’obtiens cette couleur (notion de cause à effet) ;
- je touche une texture différente (matière humide et fraîche) ;
- mon geste laisse un passage sur la feuille ce qui aide à prendre conscience de l’espace en fonction de si il est plus ou moins proche.
Etape 3 : Le dessin : minutie et hiérarchisation
Par le dessin, l’enfant apprend à affiner son geste. Place à la bonne prise en main du crayon, à la minutie et à la précision. Ici, l’enfant dessine, colorie. Il développe son langage en expliquant ce qu’il fait et en parlant de son dessin mais surtout il se prépare directement à l’écriture !
Comment donner envie à l’enfant de dessiner/écrire ?
Le tout-petit peut commencer à travailler la préhension du geste (prendre, maintenir, utiliser et relâcher le crayon ou autre) autour de 18 mois. On parlera ici d’écriture pré-scripturale ou pré-graphisme comme évoqué dans la partie précédente.
Pour que l’enfant écrive, il faut lui donner l’envie et le goût de l’écriture. Il y a plusieurs points sur lesquels vous pouvez vous appuyer pour motiver l’enfant à écrire :
- parler beaucoup avec l’enfant : lisez-lui des livres, enrichissez son vocabulaire. Tout simplement apprenez-lui à bien parler et à bien s’exprimer. Si l’enfant s’exprime correctement, ça sera plus simple pour lui d’écrire par la suite ;
- écrire devant son enfant : plus vous lui montrez l’utilité de l’écriture, plus il se dira qu’il faut savoir écrire dans la vie de tous les jours et que c’est nécessaire pour grandir. Même si nous écrivons de moins en moins avec le numérique, forcez-vous ;
- laissez votre enfant vous dicter des phrases, vous pourrez ensuite inverser les rôles. Une petite activité ludique et simple que l’enfant prendra plaisir à faire.
L’évolution du schéma corporel à travers « le cahier du bonhomme »
Un exercice est souvent très utilisé lors de l’entrée à l’école maternelle, celui du cahier du bonhomme (ou journal du bonhomme). Il consiste à faire dessiner un bonhomme à différentes périodes de l’année (souvent 1 fois par mois), de la PS à la Grande Section. L’intérêt ? Évaluer l’évolution du graphisme et où se situe l’enfant sur sa représentation du schéma corporel mais également la représentation dans l’espace avec la place que prend le bonhomme dans l’espace.
L’évolution du dessin du bonhomme par le tout-petit
Chaque enfant ne passe pas obligatoirement par toutes les étapes, mais voici une idée de l’évolution que peut avoir le bonhomme dès la maternelle.
Le bonhomme têtard
Vers 2-3 ans, on parle plutôt de « bonhomme têtard » : on observe un cercle avec 2 traits pour les bras et 2 traits pour les jambes.
Le bonhomme devient peu à peu complet
Vers 4 ans ½ – 5 ans , le bonhomme va devenir complet avec une tête, un tronc (le ventre représenté sous forme de traits ou de rond), les bras et les jambes. Quelques détails apparaissent ensuite comme les doigts (pas forcément 10), les pieds, les yeux, le nez, parfois la bouche, les oreilles et les cheveux.
Le bonhomme gagne de plus en plus de détails
Vers 6 ans, le bonhomme évolue en épaisseur (double épaisseur au niveau des bras et des jambes), les vêtements apparaissent…
Par la suite, il pourra être dessiné de profil ou en mouvement.
La place du bonhomme dans l’espace
La place que prend le bonhomme dans l’espace est aussi intéressante à étudier.
Lorsque le dessin est très grand peut montrer l’assurance et l’énergie que peut avoir l’enfant ou un besoin d’expression.
A l’opposé, lorsqu’il est tout petit, cela peut traduire de la timidité ou un retrait de la personnalité.
Grâce à cet exercice, l’enfant apprend tout simplement à organiser sa feuille et à y positionner les différents éléments.
En bref
- Les activités créatives et les expérimentations dès le plus jeune âge ont de réels intérêts dans les apprentissages futurs ;
- Elles permettent de muscler la main, tonifier les doigts, appréhender l’espace, expérimenter ;
- Leur intérêt final est la maîtrise du crayon, l’apprentissage du graphisme et de l’écriture mais également la pleine maîtrise de sa main au quotidien pour des tâches plus minutieuses.
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